Domotique et économies d'énergie

Domotique et économies d'énergie

Réservée jusque-là à une minorité de connaisseurs, la domotique pourrait se généraliser en permettant une meilleure gestion des consommations énergétiques de la maison, sur le modèle de la gestion technique des bâtiments tertiaires et grâce aux dernières avancées des nouvelles technologies.

Depuis un demi-siècle, le développement de la motorisation et de l'automatisation puis celui de la domotique, qui pilote et coordonne les équipements techniques, alimente le rêve d'une maison « intelligente » qui soit à la fois pratique, confortable et sûre. Jusqu'à présent, ce rêve s'est peu traduit dans la réalité - en tout cas s'agissant de l'automatisation et du pilotage des fermetures et des protections solaires.

« Voilà vingt-cinq ans que nous nous sommes investis dans ce type d'équipements pour tirer notre offre vers le haut, explique Bruno Blin, responsable de l'entreprise Dubos-Verger, établie dans le Val-de-Marne. Or, ce marché ne s'est pas développé, et je constate que seule une certaine catégorie de clients s'équipe. »

Le prix est moins en cause que la complexité des systèmes, la multiplicité des protocoles, la peur de la panne et la difficulté de comprendre le fonctionnement : « Pour jouer efficacement leur rôle et prévenir un excès d'apport calorique par grand soleil, les volets doivent être fermés quand il ne fait pas encore chaud, poursuit Bruno Blin. C'est une logique complètement différente de la climatisation, où il suffit d'appuyer sur un bouton pour ressentir un mieux-être, et elle se révèle difficile à admettre - du moins tant que l'énergie est bon marché. »

À l'inverse, le contexte actuel de recherche d'économie d'énergie et d'évolution réglementaire pourrait constituer un nouveau terreau pour le développement de la domotique, à même selon certaines estimations de réduire de 10 à 20% les consommations d'énergie - « il sera en outre plus facile de faire la preuve des économies que d'un confort », commente Bruno Blin.

Autre élément favorable : les systèmes domotiques ont fortement évolué, en intégrant de plus en plus d'« intelligence ». Vraies « GTB du résidentiel », ils sont aujourd'hui capables de piloter la totalité des équipements d'un logement : le chauffage et l'éclairage (de façon différenciée selon les pièces), les volets roulants, les stores et leurs systèmes de projection, les fenêtres de toit... en fonction d'une programmation (heure, jour de la semaine ou autres données) ; la sécurité (alarme, simulation de présence) ; les accès (portail, porte de garage et porte d'entrée, par télécommande) ; et même l'ambiance sonore.

Cette sophistication n'est plus synonyme de complexité. Bénéficiant des apports des nouvelles technologies, les équipements domotiques se sont totalement affranchis des réseaux filaires classiques au profit d'une communication par ligne bus, courant porteur ou radiocommande.

Grâce à la concertation entre fabricants, nombre d'équipements de chauffage, d'éclairage, de volets, de stores et de portails sont pré-équipés en usine et partagent d'origine le même protocole de communication. Pour simplifier encore l'installation et éviter de devoir « tirer des fils » vers le réseau électrique, certains équipements sont même dotés de cellules photovoltaïques et fonctionnent en totale autonomie.

C'est encore du côté des nouvelles technologies, plus précisément les tablettes tactiles et autres smartphones, que les domoticiens trouvent aujourd'hui des solutions pour affranchir totalement l'utilisateur de la technique et rendre conviviaux, voire ludiques, le pilotage et la programmation de leurs systèmes.

Lors du dernier salon Équip'Baie, plusieurs fabricants ont présenté différentes solutions de supervision et de pilotage permettant - via une application à télécharger sur PC, tablette tactile ou smartphone - de gérer à distance l'ensemble des équipements et des protections mobiles du bâtiment. Ainsi, il devient aussi facile d'ouvrir ou de fermer un volet, un store, une fenêtre de toit, de programmer leur fonctionnement et celui des autres équipements sur la semaine ou en fonction d'un scénario (confort d'hiver, confort d'été...) que de consulter sa messagerie email ou de surfer sur le net.

Article initialement paru dans Bâtimétiers n°23 (juin 2011), pp.24-25